À Gaspard 

4 Fév

Certaines de vous ont peut être suivi le parcours du petit Gaspard… Ce petit garcon de 3 ans atteint d’une maladie dégénérative rare – la maladie de Sanhdoff. 

Les parents de Gaspard ont partagé leur combat ou plutôt simplement leur vie aux côté de leur enfant malade et de leurs autres enfants sur Facebook. Sans voyeurisme. En suivant leur parcours, j’ai découvert le pouvoir de leur amour, leur lâcher prise pour ne se concentrer que sur l’essentiel : rendre la vie de leur enfant douce et l’accompagner jusqu’au bout sans révolte, sans rage, sans aigreur… Une force et un courage incroyables mais surtout, un sentiment de paix et d’amour inconditionnel qui enveloppent immédiatement les personnes qui suivent cette famille. 

Gaspard est mort le 1er février. Je ne le connaissais pas – ou juste son beau visage d’ange blond aux yeux clairs. Il avait tout juste 3 ans depuis quelques mois. J’ai pleuré comme une fontaine au bureau, le soir chez moi et chaque que je pense à lui, ma gorge se serre. Ce matin, il est enterré et je pense à ses parents… Sa famille. Énormément. Comme depuis plusieurs jours. 

Je pense à tous enfants malades, à toutes les mamans, les papas séparés de leurs enfants. Ont il besoin de courage? Oui sûrement. Mais du courage, ils n’ont d’autre choix que d’en avoir. De l’amour de leurs proches, c’est surtout ce que je leur souhaite. De la paix intérieure aussi.

Cette semaine, une de mes amies a perdu sa belle soeur, mere de 2 jeunes enfants. Une tragédie, une chose que l’on redoute en tant que mere : laisser derrière nous nos bébés qui ont encore tant besoin de leur maman. 

Chaque semaine cela arrive : des enfants qui meurent, des mamans et des papas qui partent trop tôt… Partout dans le monde. Juste que cette semaine, ces événements me l’ont bien rappelés. 

Je n’ai qu’un voeu, que ces disparus trop tot, enfants, bébés, papas et mamans, soient réunis quelque part – au Ciel ou ailleurs – pour veiller les uns sur les autres et surtout sur ceux qui les aiment et qui les pleureront toutes leur vie… 

À Gaspard, a tous les petits anges rappelés trop tot – trop tot pour les cœurs de mamans… 

Instamamans

21 Jan

J’étais une étudiante connectée. J’avais un modem 56k à la maison, et je chattais sur Caramail!

J’étais jeune stagiaire connectée. A 19 ans, je me souviens avoir montré à tous les employés d’une banque Suisse fort connue comment « zipper » des fichiers lourds et les envoyer par email. Cela m’a valu un grand respect pendant tous le reste du stage.

J’étais une jeune active connectée, celle qui parlait d’Internet à ses employeurs. Avec plus ou moins d’écoute. 

Je suis une entrepreneuse connectée. Le web est notre premier canal d’acquisition de clients. 

J’étais une Pmette connectée, branchée sur Google, et surtout les blogs d’autres Pmettes. Une source de réconfort et de soutien immense et pour laquelle je resterai à jamais reconnaissante. 

Je suis une maman connectée. Je fais mes courses sur Amazon, j’achète 100% en ligne – excepté les courses alimentaires parce qu’il n’y a pas de drives à côté de chez moi. Je suis quelques rares comptes Instagram de Mamans, pas de mères parfaites, surtout pas! 

Je les suis car j’achète et je vends moi même sur Instagram (et beaucoup d’autres canaux) et que ca me correspond bien. Sur mon videdressing, je partage quelques photos de Poussin et Minib sans les dévoiler, a de rares occasions. Entre deux ventes! 

Et récemment, au hasard incroyable d’un compte IG, je vois un pseudo qui m’interpelle. Je connais ce pseudo… Vous aussi sûrement. Je vais quand même jeter un œil sur le compte pour confirmer mes doutes. Oui, c’est bien elle. Deux beaux enfants, une fille et un garcon. 

Elle, je l’ai beaucoup suivie durant nos années PMA… vous la connaissez peut être aussi. Magic Citrouille.

J’ose, j’ose pas? Allez, j’ose. Je lui envoie un ID (instadirect) juste pour lui dire bonjour, et que ca me fait plaisir de la croiser la! Elle me répond rapidement, simplement. Un contexte different, des vies différentes, des moments différents… Grâce à internet. 

J’aime ces clins d’œil de la vie. Ces messages qu’elle envoie peut être pour qu’on fasse une pause de 2mn en se disant « que de chemin parcouru », pour lever le nez de sa propre vie et constater que celles des autres à aussi évolué. Peu importe la raison, je me suis sentie plus connectée que jamais à ce cercle de Pmettes et ex-pmettes, de Mamans.

Je souhaiterais voir chaque Pmette ouvrir un jour son videdressing sur Instragram pour revendre les vêtements trop petits de son bébé. Et y (re)faire des belles rencontres. 

Maman depuis 4 ans

4 Jan

Ce matin à 9h50, cela a fait 4 ans que je suis devenue maman. 

Celui qui a fait de moi une mère ne pesait que 2,4kg pour 46cm à sa sortie. Et il m’en avait déjà fait voir de toutes les couleurs sans le savoir. 

4 ans plus tard, il pèse pas tout à fait 15kg pour pas tout à fait 1m (on est petits dans la famille!) et m’en fait un peu voir de toutes les couleurs… Casanier, doux, rêveur, intelligent, il sait aussi être très colérique, craintif, soupe au lait, boudeur et je ne vous parle même pas de son humeur si on le reveille. 

Mais il a changé ma vie comme personne ne l’a jamais fait avant et probablement personne ne le fera plus jamais. Il est mon premier bébé, celui qui m’a transformée, celui qui me murmurait hier soir alors que je le portais pour rire en sling « Maman, je voudrais toujours rester dans l’écharpe. »

Mon Cheri, si tu savais comme moi aussi, je voudrais toujours te garder contre moi mon bebe… 

Samedi, 16h48

17 Déc

Cette nuit, je n’ai dormi que 3h. En 2 fois. Minib – 18 mois depuis hier – tousse comme un malheureux. Une toux rauque, désagréable et continue qui le secoue dans tous les sens. Alors je suis restée avec lui toute la nuit, on s’est finalement endormis 1h30 entre 3h et 4h30… Sur le canapé, lui entre mes jambes. Des nuits pourries, je ne les compte plus de toute façon. 
Aujourd’hui, il a tellement toussé qu’il m’a vomi dessus. Déjeuner en famille, une cata! On rentre tous les 4 en voiture et au bout de 3mn, Poussin et Minib dorment. Moi aussi. Il est 16h15 quand on arrive à la maison, ils n’ont dormi que 35mn et sont crevés. 
Présentement, il est 16h48, Poussin dort dans son siège auto quand Minib m’a rejoint sur le siège passager. Nous faisons la sieste dans le parking, au -3. J’ai mal au dos, Minib est blotti contre moi en body en gilet, seuls vêtements ayant été épargnés pour ses vomissements. Poussin ronfle et grogne – il aura peut être 4 ans dans moins d’un mois mais il a l’air d’un bébé. Les cheveux de Minib, a 10cm de mon nez, puent le vomi. 
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Cheri. Il a 38 ans. Je me souviens encore de l’anniversaire de ses 33 ans, quand quelques jours plus tard à Noel, il avait pleuré de ne pas être père. Lui qui aujourd’hui a 2 fils et aimerait avoir plus de moments seuls avec moi. 
Poussin est à un age étrange où l’on dirait que la maîtrise du langage grise. Il teste, répond, et nous montre l’étendue de son intelligence et de sa malice tous les jours. Usant souvent, étonnant et gratifiant a beaucoup d’autres. Fatigant aussi parfois. 
Minib et Poussin sont des frères Comme les autres. Qui se cherchent, jouent, se bagarrent et peut être jaloux. 
Je n’ai pas dormi plus de 3h, je sens le vomi et je suis coincée dans ma voiture au sous sols avec 2 enfants dont une vautrés sur moi. J’ai mal au dos. Je voudrais m’allonger, la tête de Minib pèse sur mon coude. 
Et bien je suis heureuse. Je suis bien, mes bébés qui dorment, vont bientôt se réveiller et sûrement râler. J’ai de la chance, je ne le savoure sûrement pas comme je le devrais tous les jours mais là oui. 
Ils sont là et font de moi une mère comme les autres. Ça me suffit. Je suis heureuse. Je les ai attendus longtemps et je n’oublie pas. Je n’y pense pas tous les jours mais je n’oublie pas. Ils sont à jamais des miracles. Malgré le vomi, les nuits pourris et les caprices pour voir des dessins animés. 
À celles qui passent sur mon blog pour avoir des réponses ou de l’espoir, voici ce que je vous souhaitent : des enfants qui dorment sur vous un samedi après midi dans un parking parce qu’ils ont sommeil, qui ne sentent pas tres bon mais qui sont apaisés par votre présence. Qui vous aiment sans forcément vous le dire ni vous le demontrer mais vous le savez quand même. 

C’est ca l’amour qui rend heureux. 

Pmette honteuse

5 Oct

J’ai pensé fermer ce blog. Car il ne vit plus vraiment. Plus assez de temps, plus assez de sentiment de légitimité aussi… Il y a encore 2 ans, j’étais une vraie Pmette, aujourd’hui, je suis « juste » une maman de 2 enfants – c’est délicieux, c’est fatigant, c’est gratifiant et ingrat en même temps. 

Mais les stats m’informent que malgré son inactivité, ce blog reste tres lu, surtout certains articles. Des gens – des femmes – viennent chercher des réponses à leurs questions et à leurs angoisses. Je sais ô combien j’ai moi même passé un temps infini sur Google a chercher des témoignages, des réponses et surtout de l’espoir alors si mon blog peut encore soutenir, éclairer et réconforter un ou plusieurs Pmettes, il mérite de rester ouvert. Même si mon parcours ne fera pas rêver grand monde, le résultat est : maman de 2 enfants et heureuse. 

Cette période de ma vie reste encore tres confidentielle. Je reste souvent silencieuse quand des personnes abordent le sujet de la PMA autour de moi. Parfois, c est limite cocasse. 

Il y a quelques jours, je discutais avec un mec qui me racontait qu’il a bossé 10 ans pour un labo qui faisait notamment les traitements hormonaux pour la stimulation ovarienne. Il me parlait d’une expérience « user » qu’il avait mené sur 6 mois en accompagnant des femmes qui faisaient des traitements et combien il avait trouvé ça « fort et incroyable » comme expérience. Il se tourne vers moi et me dit « tu te rends compte, y a des femmes, elles se piquent tous les soirs – chez elle, dehors, au restau, au boulot – pour essayer d’avoir un bébé! c’est un truc de fou, on ne se rend pas compte. »

Euh, comment te dire… SI! Et elles sont nombreuses!

Au lieu de ca, j’ai souri et j’ai dit « oui, je sais. Et elles sont plus nombreuses qu’on ne le croit. »

Et j’ai pensé à vous, a nous. 

Update et autres nouvelles 

12 Juil

Je suis une mauvaise élève blogueuse. J’ai commencé plein d’articles qui ont soit été effacés par WordPress mobile (f*u*c*k) soit ne sont plus d’actualité, soit ne peuvent pas être actualisés. 

Bref, pour faire simple et sortir de mon silence, voici un fil de nouvelles !

  • Tout le monde va bien (autant commencer par le plus important)
  • Minib a eu un an et j’ai pleuré. Mais c’était une fête très chouette (en vrai, on l’a fête 2 fois)
  • Poussin a fini l’école – très bon élève qui manque un peu de maturité (né en janvier) et qui n’est pas très bon en gym…
  • Les nuits sont toujours pourries, j’ai plusieurs fois menacés de choses terribles Minib en pleine nuit…
  • Poussin vit pleinement ses 3 ans – y compris les crises d’opposition 
  • J’ai teste la méthode Pantley pour un sommeil sans pleurs toute la nuit. 
  • Ca n’a pas marché.
  • On a emmené Minib voir un 2nd Osteopathe. Ca n’a pas marché. 
  • On avait deja emmené Minib chez un super homéopathe. Ca n’a pas marché. 
  • J’ai emmené Minib chez une Energeticienne (si, si, moquez vous… Le désespoir conduit à tout) – ca n’a pas marché. 
  • Jeudi dernier, je prenais conscience que j’allaitais encore Minib le soir et la nuit mais en ayant quasiment plus de lait (un mystère). Sur un coup de tête, je décidais de le devrais trouvant bizarre d’allaiter dans lait, d’entretenir une dépendance du coup…
  • Minib n’a pas apprécié et à pleuré dans nos bras plusieurs nuits. Mais jamais seul, toujours avec nous. 
  • J’ai failli annuler les 3 jours à la mer chez une copine de crainte qu’il ne réveille tout le monde. 
  • On est depuis 2 jours… Et Minib vient de faire sa première nuit.

Maintenant, faut que je me débrouille pour acheter cette maison!! 

Il est où?

15 Juin

On savait qu’un jour on devrait lui en parler. Mais tant qu’il ne parle pas, c’etait facile de lui en parler. De temps en temps, lors de dates spéciales, pas tous les jours. Je parle bien-sûr de Poussange. 
A trois ans passés, Poussin parle aujourd’hui très bien. Il est observateur et sait lire les lettres. Il sait ce que signifient le O et le A que je porte en pendentifs à mon bracelet. Alors il y a quelques semaines, il a demandé qui était l’étoile, un soir pendant un câlin. Toujours la même réponse, ce qu’on lui a glissé de temps en temps : un autre bébé dans mon ventre avec lui, mais qui était très malade et qui n’a pas pu venir. Alors il est au ciel. Cette version simplifiée a suffit un temps… Poussin n’évoquait plus le sujet. 

Et puis les questions sont revenues, plus précises et pertinentes avec le développement de la pensée, de la logique et du langage. « Où il est? »,  » comment il s’appelle?, « c’est une fille ou un garçon? »… « On ira au ciel le voir nous aussi? » 

On a beau se préparer et faire le choix de ne pas mentir, de ne pas cacher cette histoire qui est la sienne, la notre, en parler reste difficile. Surtout à lui, son frère. Alors on répond aussi simplement que possible, avec l’espoir qu il ne souffre jamais de savoir la vérité. Mais est ce vraiment possible? 

Samedi soir, en voiture, Poussin regarde par la fenêtre et on entend « Mais il est où Maman? je ne le vois pas dans le ciel! Il se cache? Pourquoi il était malade Maman? Il est encore malade? » 

Blanc, silence glacé entre Cheri et moi. Le coeur qui s’accélère, la gorge qui se serre. Mais je me suis jurée de répondre à ses questions, de ne pas en faire un sujet tabou. Sauf que si j’ai la réponse à la plupart des questions, « pourquoi était il malade? » Je n’en ai pas…. Parce que c’est pas juste? Parce que parfois la vie est degueulasse? Parce que « c’est comme ça ». C’est juste comme ça. Cette explication suffira pour cette fois, jusqu’à la prochaine. 

Pendant 3 ans, j’ai fait ma Scarlett O’Hara, évitant de penser au jour ou je serai face à Poussin à devoir répondre à ses questions. On y arrive et j’ai peur je crois. Peur qu’un jour il souffre de son absence, peur qu’il n’accepte pas l’injustice que nous avons subie, peur aussi qu’il nous reproche nos décisions… 

Vivre au jour le jour est sûrement le mieux, continuer d’en parler sans cacher mais sans être trop précis non plus, parce qu’il n’a que 3 ans et que pour lui, la Mort ne veut rien dire encore… Je reste persuadée que sans vraiment comprendre, il ressent – et cela depuis sa naissance. 

L’été dernier, j’ai consulté un homéopathe car suite à mon hospitalisation subite pendant 2 semaines lorsque j’ai accouché de Minib, Poussin était devenu très anxieux le soir. Le médecin avait été frappé par le fait qu’il pleure quand un étranger l’approchait trop. Je lui avais alors confie que Poussin détestait que des étrangers le touchent. Il se mettait à pleurer. Il s’est alors plongé dans ses livres puis au bout de longues minutes, il a lu « c’est une réaction suite à la perte d’une personne très proche au début de sa vie ». Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux. Sans savoir, il ressentait. 

Alors essayer de lui cacher, inutile. Il va juste falloir apprendre à répondre à ses questions en espérant qu’il s’approprie son histoire… Sans souffrance si possible.