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Dr Connard 0 – Mamie Anesthésie 1

18 Avr

Lundi, j’avais rendez-vous chez l’anesthésiste. Jusqu’à présent dans ma vie, je n’avais rencontré que le Dr Connard, anesthésiste diplômé de son état et exerçant dans une clinique réputée. Une erreur de casting pourtant.

Comme je le disais il y a peu, Dr Connard n’aime pas le genre humain et il le lui rend bien. Avant FIV1, j’appelle pour un rdv et on m’oriente vers cet anesthésiste que je n’avais pas demandé. Jim, mon gynéco de l’époque, m’avait donné un autre nom mais Dr Connard est le seul qui peut me recevoir. J’ai compris pourquoi après: il est clair que personne ne veut du Dr Connard. Lire la suite

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Irrésistible…

16 Fév

Je vous en ai pas encore vraiment parlé, j’attendais qu’on se connaisse un peu pour vous mettre dans la confidence. Aujourd’hui, je me sens prête à partager un petit secret qui me vaudrait surement une place de choix à Secret Story 12 (on en est au combien-tième? j’ai pas suivi…)

Voilà, je me lance: je suis un piège à gynéco. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, ils tombent tous en pâmoison devant moi. Tous, sans exception – et disons qu’en PMA, c’est un peu la tournante des gynécos… Mais eux ne regardent pas mes yeux, mes fesses, mes cheveux ou mes seins (quoique j’ai déjà eu droit à un palpé de dépistage du cancer du sein!). Non, ils craquent pour ma beauté intérieure. Celle qu’ils découvrent avec leur sonde endo-vaginale. A peine entré, sitôt que l’écran s’éclaire, leurs yeux s’ouvrent grand et brillent, brillent, brillent!

Vous l’avez compris: je suis un fantasme pour gynécologues. Je l’ai compris assez tôt. Ma première fois chez le gynéco, elle s’était extasiée et répandue en superlatif divers: « très bel et grand utérus », « oh, vos ovaires sont splendides« , « regardez tous ces follicules, ce sont vos bébés« . Avec le recul, je retournerais bien la cogner à tours de bras celle-là. Celle qui m’a faite croire que j’aurai des enfants en clignant des yeux, qui m’a terrorisée en me disant que si je me plantais une fois dans ma pilule, je tomberais enceinte, über-fertile que je suis!

Par la suite, mon charme s’est confirmé sur la gente gynécologique. Toutefois, j’ai atteint mon niveau ultime de sex-appeal depuis que je suis en PMA. Là, c’est un festival, j’ai littéralement une cour d’admirateurs et d’admiratrices. Et vous les savez aussi bien que moi: y a beaucoup de représentations en PMA! Ça donne lieu à des épisodes assez étonnants, gênants, voir carrément drôles. Morceaux choisis:

  • Le premier gynéco qui a accepté de nous faire passer des examens l’a fait alors qu’on essayait que depuis 5 mois d’avoir un bébé. Constatant mes soit-disant grandes dispositions à enfanter, il a estimé légitime d’investiguer si tôt… chez monsieur. Sur les feuilles de stimulation, il me mettait des notes: endomètre 5/5, glaire 5/5… Bref, j’étais classée AAA, de la bombe de reproductrice.
  • Alors que je venais pour une écho en vu d’une IAC, le nez entre mes jambes, ce même gynéco s’émeut littéralement devant la beauté… de ma glaire cervicale! Il la met sur une laque de verre, l’étire, joue avec (ne vomissez pas tout de suite) et me la colle sous le nez! « Voyez comme elle est parfaite, elle est magnifique! ». J’ai bien cru voir des larmes dans ses yeux. Voyant mon trouble, il se reprend et me demande « mais peut être cela vous gêne-t-il? ». Non, tu crois? Bon, j’ai changé peu de temps après.
  • A mon centre PMA, j’ai déjà vu 3 gynécos différents. Y a d’abord eu Jim, le senior en pré-retraite maintenant. Pas très bavard, très dandy (et craquant pour un sexagénaire!) Lui s’exprimait en « parfait », « impeccable » et répétait inlassablement qu’il ne se faisait pas de souci pour nous. « Vous avez un corps jeune« .
  • Ensuite, de temps en temps, c’est Charly qui me fait mes échos. Charly est une jeune femme de 35-40 ans je pense. Belle, élancée, un peu froide mais pas méchante. Charly adore ma muqueuse. « Vous avez une muqueuse très mignonne, vraiment parfaite » me dit-elle un jour. Elle, elle adore le mot « Nickel », tout est nickel chez moi. Même ma vitesse de cicatrisation après une ponction. Impressionnant!
  • Et enfin, il y a Sylvie. Vivi pour les intimes (donc moi je suppose). Sylvie est toute petite, elle a 30-35 ans et elle est super souriante, chaleureuse. Elle est amoureuse de mes organes reproducteurs depuis le premier jour où elle les a vus sur son moniteur. Le coup de foudre, le vrai. Lors d’une écho pour mon TEC, elle finit par me donner une petite tape amicale sur la cuisse en disant « Mme Loosequeen, vous êtes vraiment d’une excellente composition. C’est parfait« . Hormis le côté Jacques Chirac flattant une belle vache normande au Salon de l’Agriculture, sa remarque avait illuminé ma journée. Ouais, il en faut peu..
  • Plus récemment, lors de mon traitement semi-foiré pour FIV2 pour cause de course à pieds trop intensive, un peu contrariée, Vivi me confie lors d’un contrôle que si je n’ai pas au moins 8 follicules, elle ne fera pas de ponction (j’en ai 13 de bonnes qualité lors de FIV1). « Vous comprenez, avec des répondeuses comme vous, on sait qu’on peut avoir mieux« . J’ai répondu « vous voulez dire des pondeuses? » et elle a souri. Oui, des pondeuses.

Je ponds bien mais je suis une usine à bébé au chômage technique. Manque une matière première indispensable. Un, un seul putain de bon zozo qui voudra bien faire son putain de job avec un de mes sublimes et irrésistibles ovocytes. Un seul embryons qui se niche confortablement et durablement dans mon utérus pour 9 mois. Je ne me plains pas de ne pas avoir de soucis. Au contraire, ça me soulage de me dire que l’un de nous deux a tout ce qu’il faut. Cependant, me savoir si fertile me fait culpabiliser lorsque les IAC, FIV et TEC échouent. Si je suis si disposée à enfanter, pourquoi personne ne s’installe? Et ce corps si jeune, sain et en demande de porter la vie, le sera-t-il encore longtemps? La beauté intérieure se fane aussi et point de peeling, lifting ou injection de collagène pour la préserver…

Papier bulle

13 Déc

Si un jour je tombe enceinte, par FIV, par miracle ou par magie (n’écartons aucune hypothèse…),  mon homme m’a prévenue : je n’aurais plus le droit de rien faire. Ménage, scooter, semblant de sport, manger des produits crus, etc. Nada ! Il ne faudra prendre aucun risque qui pourrait compromettre la venue  tant espérée attendue de notre Poussin. (ça y est, vous comprenez mieux le bandeau du blog ?). Déjà qu’on morfle depuis plus de 2 ans pour apercevoir l’ombre d’une seconde barre sur un test de grossesse, faudrait pas qu’on l’efface bêtement en prenant des risques inconsidérés comme manger un tiramisu ou boire un coca light !!!

« Le jour où tu es enceinte, tu resteras 9 mois enroulée dans du papier-bulle sur le canapé » me répète mon merveilleux mari depuis le début de nos essais. Notez qu’il pense à mon bien être en m’octroyant le droit de disposer du canapé et de la TV ! Du coup, je développais une grande tendresse pour le papier bulle… Chaque fois que j’en voyais – pas si souvent au final – je souriais bêtement devant ses petites capsules d’air pleines de promesses. Je m’imaginais volontiers en nem géant cloqué faisant moultes crépitements chaque fois que je bouge pour changer de chaîne et ça m’amusait. J’aimais tellement cette idée que je collectionnais les chutes du précieux papier, je les stockais pour le jour où… En 2 ans, j’en avais accumulé une quantité très respectable grâce à certains achats fragiles et volumineux. Un grand merci à Vente-privée.com qui m’a fourni la plupart de mon trésor.

4 octobre 2011. Je vais chercher les résultats de ma prise de sang suite à mon TEC de FIV1, je sais déjà que c’est mort. Un vilain bouton d’acné est arrivé 3 jours plus tôt et nous avions convenu qu’aucune précaution n’était plus nécessaire. J’avais déjà repris mon scooter, couru après mon bus et fait un vide-grenier. Taux à 68. Incroyable, je suis donc enceinte? Je pleure dans la rue, je tremble mais je n’appelle pas mon mari, au bureau. Non, au lieu de ça, je vais chercher le papier-bulle. Je ne l’ai pas conservé pour rien, il m’attendait sagement plié. Petits et gros morceaux, ils avaient un destin ! Je mets le tout dans un joli sac. Mon homme rentre enfin et je lui tends négligemment le sac en lui disant que j’ai trouvé un truc qui devrait lui faire plaisir. Une petite surprise (je lui avais dit que la prise de sang était le lendemain pour ne pas avoir la pression. Ça marche pas, si jamais vous vous posiez la question). Il ouvre et ne comprend pas du tout. Il est déçu car il n’y a que du papier bulle… « Tu ne comprends pas ? Du papier-bulle… » Visage décomposé, en un dixième de seconde il comprend. Ses yeux retrouvent la joie, depuis trop longtemps floutée par cette attente et ces échecs… Il pleure, on pleure, le papier bulle entre nous. C’est juste délicieux et probablement à l’heure actuelle l’un des plus doux moments de ma vie.

Une semaine plus tard, le papier bulle a retrouvé sa place sur mon étagère. Il n’y a plus rien à protéger. 68 s’est transformé en 124 puis 50, puis 0… Tous nos espoirs ont éclaté comme les petites bulles. J’inonde le canapé, le lit, la baignoire, le bureau, la cuisine… de mes larmes. Dix jours à pleurer et depuis, des larmes qui pointent chaque fois que j’aperçois le plastique à cloques.

Merci à Amazon.fr d’avoir utilisé des chips en polystyrène dans le paquet que j’ai reçu hier. Vous ne savez pas ce que ça représente pour moi…