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Irrésistible…

16 Fév

Je vous en ai pas encore vraiment parlé, j’attendais qu’on se connaisse un peu pour vous mettre dans la confidence. Aujourd’hui, je me sens prête à partager un petit secret qui me vaudrait surement une place de choix à Secret Story 12 (on en est au combien-tième? j’ai pas suivi…)

Voilà, je me lance: je suis un piège à gynéco. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, ils tombent tous en pâmoison devant moi. Tous, sans exception – et disons qu’en PMA, c’est un peu la tournante des gynécos… Mais eux ne regardent pas mes yeux, mes fesses, mes cheveux ou mes seins (quoique j’ai déjà eu droit à un palpé de dépistage du cancer du sein!). Non, ils craquent pour ma beauté intérieure. Celle qu’ils découvrent avec leur sonde endo-vaginale. A peine entré, sitôt que l’écran s’éclaire, leurs yeux s’ouvrent grand et brillent, brillent, brillent!

Vous l’avez compris: je suis un fantasme pour gynécologues. Je l’ai compris assez tôt. Ma première fois chez le gynéco, elle s’était extasiée et répandue en superlatif divers: « très bel et grand utérus », « oh, vos ovaires sont splendides« , « regardez tous ces follicules, ce sont vos bébés« . Avec le recul, je retournerais bien la cogner à tours de bras celle-là. Celle qui m’a faite croire que j’aurai des enfants en clignant des yeux, qui m’a terrorisée en me disant que si je me plantais une fois dans ma pilule, je tomberais enceinte, über-fertile que je suis!

Par la suite, mon charme s’est confirmé sur la gente gynécologique. Toutefois, j’ai atteint mon niveau ultime de sex-appeal depuis que je suis en PMA. Là, c’est un festival, j’ai littéralement une cour d’admirateurs et d’admiratrices. Et vous les savez aussi bien que moi: y a beaucoup de représentations en PMA! Ça donne lieu à des épisodes assez étonnants, gênants, voir carrément drôles. Morceaux choisis:

  • Le premier gynéco qui a accepté de nous faire passer des examens l’a fait alors qu’on essayait que depuis 5 mois d’avoir un bébé. Constatant mes soit-disant grandes dispositions à enfanter, il a estimé légitime d’investiguer si tôt… chez monsieur. Sur les feuilles de stimulation, il me mettait des notes: endomètre 5/5, glaire 5/5… Bref, j’étais classée AAA, de la bombe de reproductrice.
  • Alors que je venais pour une écho en vu d’une IAC, le nez entre mes jambes, ce même gynéco s’émeut littéralement devant la beauté… de ma glaire cervicale! Il la met sur une laque de verre, l’étire, joue avec (ne vomissez pas tout de suite) et me la colle sous le nez! « Voyez comme elle est parfaite, elle est magnifique! ». J’ai bien cru voir des larmes dans ses yeux. Voyant mon trouble, il se reprend et me demande « mais peut être cela vous gêne-t-il? ». Non, tu crois? Bon, j’ai changé peu de temps après.
  • A mon centre PMA, j’ai déjà vu 3 gynécos différents. Y a d’abord eu Jim, le senior en pré-retraite maintenant. Pas très bavard, très dandy (et craquant pour un sexagénaire!) Lui s’exprimait en « parfait », « impeccable » et répétait inlassablement qu’il ne se faisait pas de souci pour nous. « Vous avez un corps jeune« .
  • Ensuite, de temps en temps, c’est Charly qui me fait mes échos. Charly est une jeune femme de 35-40 ans je pense. Belle, élancée, un peu froide mais pas méchante. Charly adore ma muqueuse. « Vous avez une muqueuse très mignonne, vraiment parfaite » me dit-elle un jour. Elle, elle adore le mot « Nickel », tout est nickel chez moi. Même ma vitesse de cicatrisation après une ponction. Impressionnant!
  • Et enfin, il y a Sylvie. Vivi pour les intimes (donc moi je suppose). Sylvie est toute petite, elle a 30-35 ans et elle est super souriante, chaleureuse. Elle est amoureuse de mes organes reproducteurs depuis le premier jour où elle les a vus sur son moniteur. Le coup de foudre, le vrai. Lors d’une écho pour mon TEC, elle finit par me donner une petite tape amicale sur la cuisse en disant « Mme Loosequeen, vous êtes vraiment d’une excellente composition. C’est parfait« . Hormis le côté Jacques Chirac flattant une belle vache normande au Salon de l’Agriculture, sa remarque avait illuminé ma journée. Ouais, il en faut peu..
  • Plus récemment, lors de mon traitement semi-foiré pour FIV2 pour cause de course à pieds trop intensive, un peu contrariée, Vivi me confie lors d’un contrôle que si je n’ai pas au moins 8 follicules, elle ne fera pas de ponction (j’en ai 13 de bonnes qualité lors de FIV1). « Vous comprenez, avec des répondeuses comme vous, on sait qu’on peut avoir mieux« . J’ai répondu « vous voulez dire des pondeuses? » et elle a souri. Oui, des pondeuses.

Je ponds bien mais je suis une usine à bébé au chômage technique. Manque une matière première indispensable. Un, un seul putain de bon zozo qui voudra bien faire son putain de job avec un de mes sublimes et irrésistibles ovocytes. Un seul embryons qui se niche confortablement et durablement dans mon utérus pour 9 mois. Je ne me plains pas de ne pas avoir de soucis. Au contraire, ça me soulage de me dire que l’un de nous deux a tout ce qu’il faut. Cependant, me savoir si fertile me fait culpabiliser lorsque les IAC, FIV et TEC échouent. Si je suis si disposée à enfanter, pourquoi personne ne s’installe? Et ce corps si jeune, sain et en demande de porter la vie, le sera-t-il encore longtemps? La beauté intérieure se fane aussi et point de peeling, lifting ou injection de collagène pour la préserver…

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A fond la forme

6 Fév

Je l’avais annoncé la semaine dernière, c’est désormais chose faite: j’ai repris un abonnement au sport! Et pas n’importe où: dans ma-salle-que-j’aime-très-chère. Mais alors très très chèèèèèère. J’ai hésité pour avoir bonne conscience mais le TPMG a pris le dessus et me voici donc de retour avec mes Nike Pegasus grises et roses qui déchirent tout.

Quand j’ai pris mon premier abonnement, c’était en novembre 2011. J’allais commencer les IAC et je priais pas si secrètement pour ne jamais arriver au bout des 12 mois pour cause de grossesse. Légitime non? 3 IAC, 2 FIv et  1 TEC plus tard, mon abonnement se finissait et mon ventre était parfaitement plat. C’était le 1er décembre dernier et j’attendais fébrilement le résulta de FIV2… avec le brillant résultat que nous connaissons!

Deux mois plus tard, la fesse ramollie, le cuissot un peu flappy et le ventre légèrement moins plat, je me fais une raison. J’ai mal au dos, j’ai besoin de bouger et d’une activité extra-professionnelle pour vider ma tête. Si l’an dernier je trouvais risqué de m’abonner pour un an, cette année j’en suis moins convaincue… j’ai donc renouvelé pour 12 mois et priant quand même pour ne pas arriver jusqu’au bout cette fois. La même prière que l’an dernier mais avec peut être moins de conviction et d’illusions. C’est quand même dingue de dépenser une somme aussi indécente en espérant en perdre la plus grande partie possible!

1h de cardio vendredi, 45mn d’abdo fessiers samedi, 45mn de cardio dimanche… Pour l’heure, j’ai beau être matinale, j’ai mal…

Dopage

2 Fév

Dimanche soir dernier, il n’y avait rien à la télé. Nous, on a très peu de chaînes, pas de box, pas de satellite. Du coup, nous pleurons la disparition de Mégaupload assassiné par le méchant FBI et comme Alloshowtv fait caca mou et a fermé aussi, et ben je rame pour avoir les épisodes de la saison 7 de « How I Met Your Mother ». Mais c’est pas le sujet de billet (avis au passage: si vous avez des bons plans téléchargements, pensez à moi qui n’ai que 5 ou 6 chaînes regardables, inclus TF1… c’est dire!)

Bref, nous sommes retrouvés à regarder M6 et « Zone Interdite ». Pour celles qui ne l’ont pas vu, le sujet était « Travail, santé, famille : faut-il se doper pour tenir le coup ?« . Bien racoleur comme M6 a le secret! C’est décidé, on mate ça et on va faire nos langues de pute de vipère sur les témoignages.

Témoignages n°1: Une parisienne friquée de 64 ans, un corps de minette, un visage retouché et maquillée. Elle explique qu’elle ingurgite des dizaines de compléments alimentaires quotidiennement: au levé à jeun, au petit déjeuner, au déjeuner, au dîner et avant de se coucher. Il s’agit d’un cocktail de vitamines et oligo-éléments avec de la DHEA. Bon, c’est évidemment too much mais pas de quoi fouetter une ménagerie. Je commente déjà « Pfff, faut pas abuser! C’est pas du dopage ça! Sont cons sur M6« . Et là, à l’écran, OMG! OMG! je vois la retraitée dégainer sa seringue et s’injecter une dose d’hormone de croissance en sous-cutanée.  Le geste me dégoûte alors que je l’ai fait des dizaines de fois… S’en suit un débat sur la nocivité des hormones de croissance que je vous épargne.

Témoignage n°2: Un jeune de 19 ans qui pratique la gonflette. La voix off nous explique que le pauv’ chouchou était un ado maigre il y a encore 2 ans et que les filles ne le regardaient pas (un ado normal quoi!) alors il a décidé de se muscler à coup de créatine, de testostérone et d’un autre produit vaso-dilatateur. Le gringalet est en phase de hulkisation, il a du muscles gras, des pecs plus que gros que mes seins mais c’est pas un difficile et les nanas se retournent sur lui maintenant. Le gamin confie qu’il est très satisfait du résultat, se sent fort, respecté et viril auprès des femmes… mais avoue que la créatine empêche de bander! Si on résume: il prend cette saloperie pour emballer, ça marche et au moment de conclure, le locataire de son slip ne se réveille pas! Imaginez un peu comment Chéri et moi nous sommes déchaînés sur ce pauvre impuissant musclé…

Se doper pour rien, faut vraiment être con non? Le lendemain, je parle de l’émission à ma soeur, toujours très moqueuse, et on conclue « aujourd’hui, c’est le culte de la performance, pas le droit à l’échec! Faut rester jeune et défier en permanence la nature, blablabla« . Et là, le choc que j’ai ressenti en voyant la sexagénaire se piquer à l’hormone de croissance me revient. Je suis pareille. Je fais pareille. Je ne vaux pas mieux qu’elle ou cet ado débile.

La PMA, c’est juste du dopage légal et médicalement encadré. Nous nous battons avec le même espoir que ces gens, sans garantie de résultat, sans garantie qu’il n’y aura pas d’effet secondaire. D’ailleurs, il y en a, c’est évident. Injections, cocktails de vitamines et compléments alimentaires sont le quotidiens de PMettes qui luttent contre la nature, cultive la performance et n’acceptent pas la possibilité d’échouer. Nous sommes toutes dopées.

Pour la petite histoire, au début du traitement de ma FIV2, j’ai participé à une course d’endurance. Les médecins m’ont toujours dit « vous pouvez continuer le sport« . Je n’étais pas entraînée, je ne suis pas une grande sportive. Après 2 jours de traitement seulement, j’ai couru 1h05 sans m’arrêter et j’aurais pu continuer. Je me sentais dans une forme olympique, jamais je n’ai été aussi performante. A l’écho de contrôle au 4ème jour du traitement, ma gygy s’étonne de me voir répondre si faiblement au traitement… Je pose innocemment la question « est-ce que courir près de 50km en 4 jours peut jouer? » (c’est une course sur plusieurs jours). Oui, ça joue beaucoup et même trop. Mes ovaires se sont bloqués, comme ceux des gymnastes d’Europe de l’Est à l’époque.

« On voit souvent la paille dans l’oeil du voisin mais pas la poutre qu’on a dans le sien… » c’est comme ça qu’on dit?

« A l’année prochaine »

12 Déc

Ce matin, j’ai appelé le labo FIV pour annoncer mon résultat négatif. C’est idiot mais je redoute à chaque échec de les appeler. Le boulet qui fusille toutes leurs belles stats, c’est moi. Quand je fais des analyses stats, je hais les gens comme moi, ceux qui font grossir l’écart-type, les « individus » gênants. Je dois d’autant plus leur pourrir les chiffres que Chéri et moi sommes supposés être un « cas classique » à défaut d’être un cas facile.

Les médecins se sont tous montrés très rassurants dès le départ. Je me souviens de mon premier Dr Fertilité qui ouvrait de grands yeux face à mes larmes lors de la première consultation. Ca faisait 9 mois qu’on essayait de faire un bébé et on savait déjà que naturellement, c’était science fiction. « Ne vous en faites pas, vous êtes jeunes, en forme et des gens comme vous ont des enfants avec nos techniques de PMA. Il y a des hommes avec des soucis bien plus graves que ceux de votre mari ». Youpi. Ceci dit, le temps m’a confirmé qu’il a raison. Il y a des milliers de couples avec des soucis bien plus importants que notre cas d’école et pour eux, ça marche. Faut croire que la PMA n’aime que le challenge!

Donc j’appelle le centre, j’annonce stoïquement la nouvelle et je tente une petite blague. « J’appelle pour vous informer que ça n’a pas marché et j’aimerais par la même occasion résilier mon abonnement. » L’humour comme mécanisme de défense… c’est fou ce que je peux les faire marrer dans mon labo fiv, je suis presque une mascotte! La gentille dame rit de bon cœur mais elle serait en droit de me trouver pathétique comme ces gens qui rient aux enterrements. J’enchaîne rapidement sur un ton plein de Christmas spirit en remerciant toute l’équipe et en souhaitant de bonnes fêtes (oui, je suis une vraie nice girl moi!).

Et là, j’entends la phrase qui tue « Faut voir positif, vous pourrez boire du champagne à Noël« . Oh my God! On peut être professionnel de la PMA et autorisée à dire des trucs comme ça? C’est pas considéré comme faute lourde avec rupture du contrat de travail, ne touchez pas d’indemnités, ne passez pas par la case départ? Mais putain de bordel de merde (désolée, la bitch girl a pris le dessus), qu’est-ce que j’en ai à foutre de boire du champ’ moi? J’en bois tous les jours de l’année si je veux mais j’aime pas ça d’une part et d’autre part, je vois pas en quoi c’est une consolation. Madame du labo, moi, je voulais fêter 2012 la tête dans les toilettes à gerber tripes et boyaux, je voulais faire chier tout le monde pour bien laver fruits et légumes car j’ai pas fait la toxo, je voulais qu’on m’offre un nouveau soutien-gorge taille 85E (oui, je suis ambitieuse!) et un de ces affreux pantalons de grossesse avec le gros élastique. J’en ai rien à carrer des bulles, du foie gras et du saumon. Je les laisse aux autres, régalez-vous bien mais sans moi.

Evidemment, je n’ai rien dit de tout ça. La nice girl a gardé le contrôle. J’ai juste dit « Merci beaucoup, à l’année prochaine ». Connasse.

Echecs (et presque mat)

10 Déc
Hier, notre tentative de FIV n°2 a lamentablement échoué pour clôturer 2 ans d’échecs de la méthode traditionnelle de reproduction et 1 an de PMA (procréation médicalement assistée). Ca n’a pas été une surprise, je le pressentais depuis quelques jours. Pour autant, la déception est grande, immense, insondable. Pas tant parce qu’on en a déjà 5 autres derrière nous mais parce qu’il ne reste que 2 tentatives.
C’est une pression qu’il est très difficile de supporter. Cette obligation de résultats, cette épée de Damoclès, cet ultimatum « tu réussis ou tu dégages ». Les inséminations ne comptent pas vraiment pour moi. Vu nos problèmes, les chances de réussite sont équivalentes à la méthode douce, donc très proches de nos chances de procréer en appliquant l’abstinence. Les FIV, ICSI et IMSI dans notre cas, c’est l’unique espoir. Mais on a droit qu’à 4 essais et après, c’est « désolé m’sieur dame, vous avez eu votre chance maintenant vous dégagez ». La PMA ne veut que des winners.
En règle générale, j’aime le challenge. Je ne lâche jamais l’affaire. Mais là, c’est l’affaire qui finira par me lâcher si on ne réussit pas. Du coup, ce n’est pas ce nouvel échec qui m’angoisse et me fait pleurer, c’est bel et bien la perspective de foirer les 2 dernières chances qu’il nous reste. A ce rythme là, dans 6 mois, on aura plus d’espoir d’avoir cet enfant si attendu, désiré et déjà tellement aimé. Je sais, ce n’est pas en pensant à l’échec que l’on réussit. Je défie quiconque de passer par la PMA sans focaliser sur les échecs, à moins bien entendu de ne pas le connaître. Beaucoup de couples réussissent avec une seule tentative. Il faut bien des chanceux. Il faut bien aussi des malchanceux pour que les chanceux existent. Et moi, je fais partie des faire-valoir des chanceux. Chanceux, réjouissez-vous, il y a des bon losers pour vous faire briller, à votre service!
Je suis en mode échec. Plus que 2 coups pour ne pas être échec et mat.